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Blocus : la Bande de Gaza otage d'Israël.

Décrétée "entité hostile" par Israël à la suite du coup de force du Hamas contre l'Autorité palestinienne, la Bande de Gaza subit depuis juin 2007 un blocus quasi total. La population palestinienne, maintenue sous haute surveillance satellitaire, est encerclée sur son territoire de 360 km2 par des clôtures de grillages et de barbelés.

Blocus de Gaza
 Blocus de Gaza

La République des Lettres, dimanche 30 novembre 2008

Tous les points de passages et toutes les sources régulières d'approvisionnement sont verrouillés par Tsahal, l'armé israélienne. L'administration locale est placée sous un strict embargo financier et les banques paralysées. Les habitants ne reçoivent presque aucun produit de première nécessité. Les médicaments, les carburants, les aliments, plus rien ne passe. Les stations de pompage d'eau ou de production d'électricité, les hopitaux, les maternités, les écoles, et d'une façon générale tous les services les plus indispensables à la vie quotidienne sont bloqués.

 La ville de Gaza, où vivent près de 500.000 personnes, est régulièrement plongée dans le noir suite à l'arrêt forcé de la centrale électrique. Moins de 200 petites entreprises peuvent encore travailler, au ralenti, sur les 3.900 qui étaient en activité avant le blocus de la Bande de Gaza. L'agriculture, secteur vital de l'économie locale, est réduite à néant par les interdictions d'exporter et par les pénuries de matières premières nécessaires aux exploitations agricoles. Le secteur de la pêche est aussi paralysé. Dans l'immmobilier, tous les programmes, y compris ceux des Nations unies (aménagement du réseau routier et de la voirie, constructions d'hôpitaux et d'établissements scolaires, etc) sont stoppés. Plusieurs centaines de médicaments de base manquent dans les dispensaires. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le manque de médicaments, auquel on ajoute l'interdiction de quitter le territoire pour aller se soigner en Egypte ou en Jordanie, a provoqué directement 270 décès. Les services municipaux d'hygiène (adductions d'eau, égoûts, traitement des déchets, ramassage des ordures, etc) sont hors service faute d'électricité, de carburants et de pièces de rechange. Même les convois d'aide humanitaire de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) sont empêchés de livrer leurs cargaisons d'aliments pourtant indispensables à cette population affamée réduite à l'état de sous-existence humaine. Quant aux journalistes ou parlementaires étrangers souhaitant se rendre compte de la situation dans la Bande de Gaza, ils sont tout simplement refoulés par Israël aux postes frontières (pour la petite histoire, le Consul de France à Jérusalem, Alain Rémy, est lui-même interdit de visite de la Bande de Gaza, ce qui ne suscite aucun commentaire ou protestation de la part de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner alors qu'on imagine l'incident diplomatique majeur en pareil cas pour tout autre pays qu'Israël se permettant un tel affront). Contrairement aux conventions dans lesquels l'état israélien est engagé devant les organisations internationales, toute tentative d'aide ou de communication avec ce territoire palestinien est ainsi rendue impossible.
Malgré le cessez-le-feu signé en juin dernier entre le Hamas et le gouvernement israélien sous l'égide de l'Egypte, des bombardements continuent à intervalles réguliers de terroriser la population civile sous divers prétextes d'atteinte à la sécurité d'Israël, entraînant à chaque fois de nombreux morts et blessés, y compris femmes et enfants. Les assassinats ciblés -- considérés comme des crimes de guerre par la communauté internationale -- se poursuivent en outre contre les militants du Hamas. Plusieurs bâtiments administratifs officiels du pouvoir islamique, comme entre autres le ministère de l'intérieur et un poste de police maritime, mais aussi des centaines d'habitations civiles, ont été détruits par des missiles israéliens.
Selon plusieurs rapports officiels de la Banque mondiale et de l'ONU les pertes directes ainsi causées par le blocus de la Bande de Gaza s'élèvent en 18 mois à plus de 650 millions de dollars. 80% de la population gazaouie se retrouve sans emploi et vit désormais en dessous du seuil de pauvreté avec moins de deux dollars de revenu moyen par jour et par habitant. Le taux de mortalité, en particulier infantile, est devenu l'un des plus élevés au monde selon l'OMS.
Plus globalement sur l'ensemble des territoires palestiniens depuis le second soulèvement populaire (l'Intifada Al-Aqsa en 2000), plus de 6.000 palestiniens ont été tués lors de raids militaires israéliens, dont plus d'un millier dans la seule Bande de Gaza depuis juin 2007. Depuis la Conférence d'Annapolis en novembre 2007, censée aboutir au réglement du conflit avant la fin du mandat de George W. Bush, quelque 200 Palestiniens ont été tués lors d'opérations de l'armée israélienne. Un millier d'autres ont été arrêtés et emprisonnés sans aucun procès, plusieurs centaines de maisons ont été arbitrairement démolies, la population des colonies juives illégales a augmenté de 4,5% et plus de 600 barrages empêchent la libre circulation des palestiniens sur leurs propres territoires. En Cisjordanie, les colons israéliens attaquent régulièrement et très violemment, en toute impunité, les paysans sur leurs terres dont ils détruisent les plantations.
Devant la crise humanitaire majeure de la Bande de Gaza, la plus grave depuis 1967, plusieurs représentants d'organisations internationales réclament vainement la fin du blocus et l'arrêt des opérations militaires. Pour l'UNRWA, empêchée de fournir l'aide humanitaire, "la fermeture de Gaza est une punition tant physique que mentale de la population". John Dugard, expert indépendant nommé rapporteur des Nations Unies pour les droits de l'Homme dans les territoires occupés, dénonce lui les crimes de guerre d'Israël qui opère selui lui une "punition collective" et ne distingue aucunement les cibles militaires des civiles, ajoutant que "les responsables d'actes aussi lâches se rendent coupables de graves crimes de guerre". Navi Pillay, haut-commissaire aux droits de l'homme aux Nations Unies, a également exhorté Israël à mettre un terme au blocus, déclarant que les Gazaouis étaient "privés par la force de leurs droits humains fondamentaux depuis des mois". Pour John Ging, directeur opérationnel de l'UNWRA, Israël cherche à "enlever toute dignité humaine" aux Gazaouis. Plusieurs responsables palestiniens estiment quant à eux que l'on assiste à un véritable "génocide".
L'atrocité du blocus de la Bande de Gaza est justifiée par l'Etat hébreu comme des "représailles" au nom d'un "droit légitime à la sécurité". Pour Israël, qui récuse toute accusation de crimes, ce blocus est une réponse aux roquettes artisanales tirées en direction du Sud d'Israël par les activistes des factions palestiniennes armées. Dans les faits les quelques attaques perpétrées ont tué au total cinq civils et cinq soldats israéliens depuis le début de l'année 2008. Les attaques militaires israéliennes sur Gaza ont elles tué 312 Palestiniens, la plupart civils non armés, dont 44 enfants. "Une guerre est en cours, chaque jour, chaque nuit. Nous poursuivrons nos opérations avec sérénité et détermination", a déclaré le premier ministre israélien Ehoud Olmert. "Nous rendons plus difficile la vie quotidienne sur la Bande de Gaza, nous visons des éléments terroristes et nous essayons de montrer à la communauté internationale que nous épuisons toutes les options avant de décider d'une vaste opération", a affirmé pour sa part Ehud Barak, ministre israélien de la défense. Les deux dirigeants, et les médias occidentaux qui relaient avec empressement la propagande israélienne, oublient toutefois de préciser que les tirs de roquettes palestiniens font généralement suite à des bains de sang commis les jours précédents par Tsahal à Jénine, Gaza ou ailleurs. Ce fut notamment le cas en janvier 2008, juste après le départ de George W. Bush venu verser une larme au mémorial de l'holocauste à Jérusalem.
En réalité, pour tous les observateurs sincères, la transformation de la Bande de Gaza en une sorte de camp de concentration à ciel ouvert correspond à une stratégie d'isolement du Hamas. Dans ce que l'on peut qualifier en termes de droit international de Crime contre l'humanité, 1,5 million de palestiniens ont littéralement été pris en otage par l'Etat juif avec la complicité des grandes capitales occidentales, Washington et Paris en tête, afin d'isoler le mouvement islamiste. L'objectif de cette politique inhumaine d'enfermement et de restrictions est de rendre la vie invivable sur ce petit bout de territoire palestinien tout en rendant le Hamas responsable de la crise. La plupart des grands dirigeants occidentaux impliqués dans le processus de paix -- à commencer par George W. Bush et Nicolas Sarkozy habituellement plus rapide à condamner la moindre violation du Droit international ou des Droits de l'Homme lorsqu'il s'agit de pays arabo-musulmans -- se signalent quant à eux par un silence assourdissant. "Impuissants" devant la situation, ils se contentent de souhaiter la fin du conflit israélo-palestinien tout en soutenant activement la politique aussi improductive que destructrice de l'Etat juif qui n'a à l'évidence aucunement l'intention de créer les conditions de la paix au Proche-Orient.
Petite avancée toutefois, pour la première fois à tel niveau politico-diplomatique, le père Miguel d'Escoto Brockmann, Président de l'Assemblée Générale de l'ONU et personnalité morale reconnue dans le monde entier, a exprimé fin novembre sa honte sur "le plus grand échec de l'histoire des Nations Unies". Dans un discours prononcé à l'occasion de la journée de solidarité avec le peuple palestinien, il a évoqué la résolution 181 de l'ONU, adoptée en le 29 novembre 1947, qui prévoit le partage de la Palestine en deux États, un juif et un arabe. Il a rappelé que l'État d'Israël a été fondé un an plus tard et célèbre aujourd'hui en grande pompe ses 60 ans d'existence alors qu'il n'y a "toujours pas d'État palestinien à célébrer". Il a instamment demandé à la communauté internationale "d'élever la voix contre la punition collective du peuple de la bande de Gaza" et de "désamorcer l'impasse politique qui perpétue avec cynisme la haine, l'isolement et les abus". Il a en outre estimé très important que les Nations Unies, qui ont élaboré la Convention internationale contre le crime d'apartheid, appellent aujourd'hui les choses par leur nom et emploient désormais, comme ce fut le cas pour l'Afrique du Sud, le terme d'apartheid pour désigner le régime israélien.

La République des Lettres, dimanche 30 novembre 2008

1.12.08 14:36


ATTENTION POETE

Si tu crois qu’un poète est un sculpteur de vers
Qui choisit sa matière au hasard du moment,
Et plus souvent l’or fin, tu as tout à l’envers :
Le poète est un chien signant ses excréments.

Si tu crois qu’un poète est un peintre d’oiseaux,
De fleurs et lieux communs, limité à ces thèmes
Pour mériter son titre, oublie les traits du zoo :
N’importe quel sujet peut sortir d’un poème.

Si tu crois qu’un poète est un pur musicien
Ecoutant chaque note et mesurant d’abord,
Prends garde à l’écrivain au pas de technicien :
Son pied chaussé de règle est pour ceux qu’il abhorre.

Peu importe la rime et le style employés,
La prosodie, l’école, il se situe lui-même
Et choisit sa contrainte afin de déployer
Son regard sur le monde à travers ses phonèmes.

Les mots plats, surannés : de charmant à joli,
N’ont pas lieu d’exister dans sa langue nouvelle,
Ni le terme vieillot, ni le verbe poli,
Car le poète invente au fond de sa poubelle.

Et s’il s’abaisse un jour à recevoir un prix,
A se voir décoré de fleurs et de ferraille,
C’est qu’il a faim d’amour, de pain. Ainsi flétrit
La couleur de son encre au soleil des médailles.

Pour ce frère impatient qui a reçu l’aumône
Des corrupteurs concours de banquiers rotariens,
D’autres, nus, versifient, continuent, s’époumonent
A défendre notre art, et ne cèderont rien !


Profession de foi suite à des prix cordialement refusés.

Y.Y. in Poèmes ignobles, contre une poésie de l’ennui et de la bienséance (La gouttière, 2005)
http://www.youlountas.net/spip.php?article79

30.11.08 16:10


Mensonges accumulés et décrets non respectés !

Vu l'arrogance inadmissible et inhumaine des dirigeants de l'entité sioniste, et vu le mutisme scandaleux de tous les dirigeants de la terre, se contentant de quelques fades protestations, alors qu'ils peuvent sûrement mettre fin à ce génocide et à cette arrogance, la reprise d'un article s'impose, puisse-t-il aider à éveiller les consciences !
(JPG) 
 novembre 2008  / Zeinab Abdelaziz / Alter Info / Info-palestine
"La Terre de Palestine ne peut plus appartenir à un groupe d'homme au nom d'un décret divin quelconque, excluant une partie de sa population. La justice ne peut s'appliquer à un peuple au détriment d'un autre, au nom de principes religieux."


En un temps où les mensonges accumulés deviennent le critère, et les décrets non-respectés le mode de vie, un arrêt s'impose pour passer en revue les traits composants la situation actuelle en Palestine, à l'occasion du 40e anniversaire de la guerre des six jours, juin 1967.

Avant d'aborder l'attitude des colonisateurs sionistes, à la lumière des fouilles archéologiques récentes, signalons d'abord le rôle des deux principaux pivots sur lesquels et grâce auxquels ces sionistes ont pu s'emparer d'une terre à laquelle ils n'ont aucun droit de tous les point de vues ! Ces principaux pivots sont : la politique américaine et la politique vaticane.

Je ne traiterai point ici le troisième principal pivot, à savoir : l'attitude des responsables arabes et musulmans, qui, n'étaient-ce leur concessions répétées, quel que soit le motif imposé par les politiciens occidentaux, et par là, leur traîtrise, il n'aurait jamais été possible à cette catastrophe inhumaine d'avoir lieu, ni à ce génocide d'être réalisé. Puisse les nouvelles découvertes dues aux fouilles archéologiques menées en Palestine et au Sinaï, lors de son occupation, qui changent catégoriquement la donne des événements, aider ceux qui auront le courage de reconsidérer la situation, dans son ensemble, à la lumière de ces nouvelles données...

Il n'est pas lieu d'aborder, ici, tous les mensonges sur lesquels s'élève la politique américaine, ni tous les décrets non-respectés, le long de sa courte existence sur terre, mais il suffit de signaler que tout son édifice et toute sa civilisation reposent sur une suite de génocides, de déracinement des habitants, de boucheries, de ruines, de colonisations, de manipulations médiatiques ainsi que de promesses jamais respectées... C'est la même politique qui se perpétue jusqu'à nos jours, à ne citer que les tout derniers : le massacre de Srebrenica, l'occupation insolente de l'Afghanistan et celle de l'Iraq. Occupation basée sur ce fameux mensonge du 11/09/2001, fomenté par leur propre main, pour se doter d'une légitimité internationale, afin de combattre l'Islam et les musulmans classés sous l'étiquette "axe du mal" ! Il suffit de passer en revue tous les ouvrages qui ont paru depuis, surtout à l'occasion du cinquième anniversaire de ce coup de théâtre...

De même, il n'est pas lieu d'étaler ici tous les mensonges sur lesquels s'élève l'institution vaticane, et tout ce qu'elle a commis de massacres, de génocides, de bûchers le long d'une vingtaine de siècles, pour imposer une religion basée sur des mensonges et des textes manipulés ... Il suffit de citer la fameuse réhabilitation des Juifs du meurtre déicide, au Concile Vatican II, en 1965, malgré une centaine d'accusations claires et nettes, qui se trouvent encore dans les quatre évangiles. Cette fausse réhabilitation a permis la reconnaissance d'un Etat bâtard, et l'imposition de cette reconnaissance à tous les pays qui refusaient d'admettre cette flagrante occupation. L'usurpation de la terre de Palestine, basée sur l'idée d' "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", n'aurait jamais pu voir le jour.

C'est ce que les colonisateurs sionistes sont en train de parachever, grâce à ce génocide qui se mène, au vu et au su de tout le monde, ou plutôt grâce au mutisme de tout le monde, habitué depuis quelques temps à laisser faire laisser passer, selon les deux poids deux mesures ! Ce n'est pas sans raison d'ailleurs que Libération du 15 mai qualifia le pape Benoît XVI de "menteurs professionnel", vu le nombre d'injustices perpétués par l'établissement qu'il préside, et le tas de mensonges qu'il couvre ou qu'il perpétue !

Des fouilles archéologiques qui changent catégoriquement la réalité de la situation

Il ne parait donc pas étrange que cet Etat bâtard dépasse, en arrogance, les deux bastions qui aidèrent à sa formation. Cependant, les fouilles archéologiques récentes, menées surtout le long de ces dernières décades, changent catégoriquement la réalité de la situation. Le 23/5/07 l'AFP signale que des soldats et des colons israéliens ont commis des "homicides illégaux" en toute impunité dans les territoires palestiniens, d'après Amnesty International, dans son rapport pour 2006 publié mercredi. "Les barrages installés par l'armée et les restrictions croissantes imposées par Israël à la liberté des Palestiniens, ainsi que la confiscation par Israël des droits de douane collectés au nom de l'autorité palestinienne, ont provoqué une détérioration importante des conditions de vie des Palestiniens des territoires occupés (...) la pauvreté, la dépendance à l'égard de l'aide alimentaire, les problèmes de santé et de chômage ont atteint un niveau critique". A la suite de cet accablant rapport, suit un commentaire proposant : "le retour dans les frontières de 1967, que le peuple élu ne doit pas à son impuissant dieu, mais à l'ONU" !

Ce qui veut dire : le prétendu prétexte disant que leur dieu leur accorda cette Terre est un leurre, un mensonge que tout le monde connaît, car en fait, ceux qui leur accordèrent vraiment cette terre usurpée c'est l'ONU, grâce à des mensonges accumulés ! Et lorsque cette organisation n'est pas arrivée à imposer son décret de reconnaissance des colonisateurs de la terre de Palestine à tous les pays, la politique américaine eut recours à son grand partenaire : le Vatican, qui ne tarda pas à créer cette infamie de réhabilitation du meurtre déicide, nonobstant toutes les malédictions proférées chaque messe du dimanche dans toutes les églises du monde !

Quant à ce qui ressort de tous les travaux de recherches, des livres ou des articles spécialisés, basés sur les fouilles archéologiques, il suffit de signaler un de ces principaux ouvrages : La Bible dévoilée (2002), d'Israël Finkelstein, directeur de l'Institut d'archéologie de l'Université de Tel-Aviv, et Neil Silberman, directeur historique à l'"Ename Center for Archeology" de Belgique, qui co-signèrent la plus tonique et la plus audacieuse des synthèses sur la Bible et l'archéologie depuis cinquante ans. Ils puisèrent leurs arguments dans les découvertes les plus récentes, et aboutirent à une vision tout à fait différente sur l'histoire du peuple juif.

Une des premières rectifications, que plusieurs savants partagent dorénavant, c'est la mise en cause de la véracité de la Bible, qu'il n'est plus possible de considérer comme un livre d'histoire, mais un livre de propagande écrit pour des raisons politiques et théologiques post eventum, des récits de mémoire édifiés sur les ruines d'anciennes traditions.

(JPG) La datation d'objets trouvés lors des fouilles montre inexorablement la non véracité de la Bible. Celle-ci n'est, en fait, qu'une reconstruction littéraire et politique en vue d'une implantation déterminée : "Ce sont des récits qui ont été cousus ensemble à partir des souvenirs, des débris d'anciennes coutumes, de légendes sur la naissance des différents peuples de la région et des préoccupations suscitées par les conflits contemporains", assurent les auteurs pour lesquels la Bible correspond à l'émergence du royaume de Juda (au Sud), comme puissance régional au VIIe siècle av. J.- C. Le royaume d'Israël (au Nord), passe sous la coupe de l'Assyrie voisine qui va amorcer son déclin. Ce qui mène à dire : " les deux parties n'ont jamais été unifiées et la grandeur antique d'Israël est une invention politique." !

C'est avec certitude que les auteurs ajoutent : "Il est aujourd'hui évident qu'un grand nombre d'évènements de l'histoire biblique ne se sont pas déroulés ni au lieu indiqué ni de la manière dont ils sont rapportées. Bien plus, certains épisodes les plus célèbres de la Bible n'ont tout simplement jamais eu lieu" ! Des conclusions qui bouleversent, certes, les anciennes visions de la Bible, et c'est ce qui permet de décrire la civilisation de l'Occident chrétien qu'elle s'élève sur des mensonges politiques et théologiques accumulés.

La question la plus importante qu'avancent les deux auteurs est la suivante : "Cela est susceptible d'ouvrir des horizons nouveaux, car les juifs ne sont plus en droit de prétendre que la Palestine leur appartient parce que conquise avec l'appui de Jéhovah. Certes, leurs ancêtres vivaient sur ces terres il y a plus de 3 000 ans, mais ils les partageaient avec les Cananéens, ancêtres des Palestiniens. De toute façon, les juifs ont perdu tout droit à l'exclusivité du fait de leur absence pendant 20 siècles." !

C'est la même idée qu'avait déjà présenté le père Jean Landouzie dans sa thèse de maîtrise, présentée à l'Institut théologique de Paris, publiée en 1978, ayant pour titre Le don de la Terre de Palestine. Thèse dans laquelle il prouve, textes en main, que les juifs n'ont aucun droit à cette terre. C'est la même idée qu'il avance dans son intervention au colloque Les Chrétiens du monde arabes, tenu à Paris en 1987 : "la position sioniste est donc de justifier l'existence de l'Etat d'Israël actuel par le fait que dans la Bible, la Terre de Palestine a été donnée par Dieu à Israël. Mais là où se pose le problème, c'est lorsqu'on veut entraîner le chrétien à faire la même affirmation au nom de la Bible ". Et d'ajouter un peu plus loin : "D'autre part, la réalisation de la promesse est conditionnelle. Il s'agit de vivre dans la fidélité à l'Alliance conclue entre Dieu et son peuple. La Terre sera retirée si le peuple est infidèle".

Eh bien, nul n'ignore, d'après la Bible, qu'ils ont trahi l'Alliance, retournèrent à l'adoration du Veau, au polythéisme et tuèrent les prophètes. Puis le père Landouzie ajoute : "La Terre de Palestine ne peut plus appartenir à un groupe d'homme au nom d'un décret divin quelconque, excluant une partie de sa population. La justice ne peut s'appliquer à un peuple au détriment d'un autre, au nom de principes religieux." Ce qui permet d'ajouter que les probes de parmi les ecclésiastiques se sentent gênés entre des textes clairs et nets, et l'enlisement de l'Eglise dans les mensonges politiques.

Dans un compte-rendu sur La Bible dévoilée, J.-P. Chavaz écrit : "Jusqu'aux années 70, l'archéologie en Terre sainte avait une idée fixe, mettre en évidence les preuves de la justesse des récits bibliques. Toutes ces recherches se sont soldées par des échecs ... les auteurs bibliques n'avaient-ils pas truffé leur récit de repères historiques, en l'occurrence de référence au Pharaon ou à tel évènement ? Mal leur en prit, car les nouvelles révélations de l'archéologie ont réduit à néant toutes les certitudes concernant le déroulement de l'histoire d'Israël ... Il semble ainsi que nombre de théologiens catholiques et protestants ont cessé depuis longtemps de considérer l'Ancien Testament comme un livre d'histoire ... Les auteurs du Deutéronome ne devaient certainement pas être inspirés par le Tout-Puissant ou alors ce dernier avait de sérieux trous de mémoire" !

Le N° 391 de la revue La Recherche, novembre 2005, comprend une rubrique de 29 pages, des articles écrits par des archéologues ayant participé à ces fouilles en Palestine et au Sinaï, et prouvent les mêmes révélations disant que l'Ancien Testament a été écrit pour un but de propagande politique et théologique... c'est un amalgame de récits et de documents écrits avec préméditation, bien après les évènements dont certains n'ont jamais eut lieu ! Autrement dit, les juifs n'ont pas le droit de s'approprier la terre de la Palestine.

Pierre de Miroschedji, archéologue, directeur du Centre de recherche français à Jérusalem, assure que les découvertes ont contredit les textes bibliques : "Ainsi, ce que la Bible présente comme une période de conquête de la Terre promise par les israélites apparaît aujourd'hui, à la lumière des découvertes archéologiques, comme une période de bouleversement politiques, économiques et sociaux ... Pour les périodes récentes, on est dans le domaine d'une histoire complètement réécrite dans une perspective idéologique... Il existe des preuves formelles, telle la stèle de Merenptah (-1210) qui contredit la Bible en indiquant que le peuple d'Israël a été détruit. Les archéologues ont prouvé que la conquête de la Terre promise par les Hébreux est une légende... Ces découvertes donnent une interprétation nouvelle aux textes bibliques qui font apparaître la conquête de la Terre promise comme l'écho lointain d'un phénomène historique de grande ampleur, qui a affecté l'ensemble du bassin oriental de la Méditerranée, et à force de réécriture au fil des siècles, à des fins politiques et religieuses, devient une sorte de saga hébraïque, un récit épique et légendaire".

La revue Historia, février 2005, renferme 42 pages ayant pour titre : La Bible à l'épreuve de l'Histoire. Quarante-deux pages de la lecture desquelles on sort avec les mêmes certitudes disant que la Bible a été écrite par une multitude de personnes, à des époques variées, qu'elle regroupe, remanie, reconstruit les faits qu'elle relate.

Dans un article intitulé : La Terre promise était acquise, l'historien Richard Lebeau révèle que le "Livre de Josué, qui raconte la naissance du peuple d'Israël et la conquête de Canaan est une véritable saga digne d'Hollywood !... Les historiens considèrent ces textes comme une légende tout simplement. Car durant cette période, Canaan était sous la tutelle des Egyptiens, qui avaient déjà affronté les Hittites. Leur courage est raconté partout sur les monuments. Comment peut-on donc dire que les Hébreux, après s'être enfouis d'Egypte, émigrèrent justement dans une contrée soumise aux égyptiens ?! Les fouilles archéologiques contredisent les récits du Livre de Josué ".

Un autre article, du même auteur, cite un exemple de ces falsifications bibliques avec le récit de la prise de Jéricho. D'après les fouilles, Jéricho n'était qu'un modeste petit village, sans fortifications, contrairement à ce que raconte la Bible, disant que Josué s'est servi de trompettes en cornes de béliers, dont le son est parvenu à faire écrouler les remparts de la cité. Ce qui n'a jamais eut lieu car il n'y avait point de remparts !

Ces quelques citations ne représentent point tout ce qui a été écrit durant les dernières décennies, assurant que les Juifs n'ont aucun droit sur cette terre de tous les points de vues, fussent-ils théologiques, juridiques, historiques ou archéologiques. Il n'est pas lieu de citer, ici, tous les ouvrages qui assurent ce non droit, qui les accusent de colonisation ou même d'arrogance !

Faire parvenir ces irréfutables nouvelles preuves à tous les honnêtes de la terre

Ce qui nous importe, ici, c'est de faire parvenir ces irréfutables nouvelles preuves à tous les honnêtes hommes de la terre, à tous ceux qui pourront prendre part à l'arrêt d'un génocide en cours, à l'arrêt d'une usurpation illégitime d'une terre qui revient en toutes lettres aux Palestiniens, à l'arrêt de la judaïsation de Jérusalem et de toute la Palestine. C'est surtout sous les yeux de ceux qui mènent l'injuste politique américaine et ses institutions, et sous les yeux de cet Occident chrétien et sa direction vaticane, qui fut une des causes directes de cette catastrophe, que nous plaçons ces nouvelles données. C'est pourquoi il est révoltant de voir le pape Benoît XVI s'exprimer, lors de la cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le 8 janvier 2007, dire : "Les Israéliens ont le droit de vivre en paix dans leur Etat ; les Palestiniens ont droit à une partie libre et souveraine ". C'est une honte de voir le plus haut représentant religieux bafouer la vérité avec une telle aisance, lui qui est censé bien connaître les Textes !

Ce que les sionistes ont fait et continue à faire ne peut être justifié sous n'importe quel prétexte. L'embargo économique et politique imposé par les Etats-Unis et l'Union européenne, depuis plus d'un an, parce que les Palestiniens on légitimement choisi les membres du Hamas comme représentants, vise à leur tordre le cou, à les contraindre à la misère et à les placer sous l'inhumaine merci des occupants.

Avancer le fait que les Juifs ont souffert à la Shoah et qu'ils ont le droit à une terre, n'est nullement une raison équitable ou honnête pour déraciner les Palestiniens et les extirper de leur terre pour se débarrasser d'un mea-culpa qui pèse sur la conscience européenne et dont les palestiniens ne sont point responsables... Continuer à maintenir ce glacial et implacable mutisme, face à un génocide qui se mène obstinément, ne porte atteinte qu'à ceux qui s'y complaisent dans cette machiavélique nonchalance !...

Zeinab Abdelaziz

Professeur émérite de civilisation française.

dr.z.abdelaziz@gmail.com

29.11.08 12:24


Infos Gaza n°424 - Semaine du 20 au 26 novembre 2008

 Palestinian Centre for Human Rights (PCHR)
Les conséquences du renforcement du siège imposé sur la bande de Gaza depuis 3 semaines

La centrale électrique a cessé toute activité par manque de fioul. Au cours des trois dernières semaines les Forces d'Occupation Israéliennes (FOI) n'ont autorisé l'entrée que de 1.721.610 litres de fioul qui ne permet à la centrale de fournir de l'électricité que pendant 5 jours.
 La préoccupation première des 1.500.000 ressortissants de la bande de Gaza est d'avoir accès aux denrées de base : la nourriture, les médicaments, l'eau et l'électricité.
 La majorité de la population manque d'eau potable
 L'électricité (importée d'Israël et d'Egypte) est coupée de 8 à 12 heures par jour à plus de 100.000 foyers. Cette pénurie a des effets très dommageables sur les 500.000 étudiants stagiaires ou en cours d'examen
 Pendant 5 jours l'UNRWA a du suspendre son programme d'aide humanitaire destinée aux 750.000 réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza.
 Des milliers de civils doivent faire la queue pendant des heures pour acheter un peu de pain.
 Ce sont 45 boulangeries qui ont été fermées à cause de la pénurie d'électricité et de gaz domestique. Elles constituent 75 % de la totalité des boulangeries de la bande de gaza. Les 18 boulangeries encore ouvertes doivent travailler au ralenti

 Le poste frontière de Rafah International n'a été ouvert que 3 jours cette semaine pour laisser sortir 2.100 personnes pour la plupart des patients et des étudiants et laisser rentrer chez eux 780 autres.

 Le poste frontière de Erez Beit Hanoun est resté fermé empêchant tout contact avec la Cisjordanie et Israël en matière de soins médicaux, de commerce ou de visites : Elles sont au moins 900 familles à n'avoir pas été autorisées à rendre visite aux leurs emprisonnés en Israël depuis le 6 juin 2007.

Les FOI ont imposé des restrictions supplémentaires aux diplomates internationaux, aux journalistes et aux organisations humanitaires internationales concernant leur accès à la bande de gaza. Parmi ces dernières, certaines d'entre elles sont interdites d'entrée.

Toujours concernant Erez Beit Hanoun : Les FOI ont encore abaissé la moyenne des patients autorisés à aller se faire soigner en Israël ou en Cisjordanie. La moyenne est de 17 par jour, soit une baisse de 15 % par rapport au 1ER trimestre 2008

 D'une façon générale les conditions sanitaires se sont détériorées à cause des blocs opératoires ne pouvant plus fonctionner par manque d'électricité et à cause de 94 médicaments de base manquant. La vie d'au moins 30 tout jeunes bébés est menacée car leur temps de gestation a été réduit et des équipements appropriés, fonctionnant à l'électricité sont à l'arrêt Un patient est mort à un poste frontière parce que les FOI exigeaient de lui qu'il dénonce des gens en échange de sa sortie de Gaza pour aller se faire soigner à l'extérieur. Ainsi, le nombre des Palestiniens qui sont mort par refus des FOI de les laisser sortir ou par manque de médicaments s'élève à 47 dont 16 femmes et 10 enfants.

 L'approvisionnement en carburants et en fiouls par le poste frontière de Naha Ouz a considérablement diminué : 19,6 % seulement des besoins journaliers pour la centrale électrique. Seulement 4,1 % des besoins en essences, 2,9 % des besoins en fioul pour le secteur économique et 4,8 % de gaz domestique.

 Les postes frontière assurant le commerce entre la bande de Gaza et l'extérieur ont été fermé presque tous les jours de la semaine : seuls quelques approvisionnements d'aide humanitaire ont pu transiter par Al Mentar Karni et par Karm Abu Salam.

 Alors que les accords d'Oslo ont fixé à 20 miles (37 km) la limite des eaux territoriales palestiniennes, les FOI arraisonnent systématiquement tout bateau s'éloignant de plus de 6 miles de la côte

 La condition de vie de la population de la bande de Gaza s'est considérablement détériorée. Les chômeurs et ceux qui sont en dessous du seuil de pauvreté ne cessent de croître de façon inquiétante

http://www.pchrgaza.org

Traduction : Jacques Salles jacques.salles@wanadoo.fr

http://www.france-palestine.org/article10498.html

28.11.08 13:00


Le silence face au crime du blocus est une honte

Rapport

Mechaal : Le silence face au crime du blocus est une honte

Khaled Michaal, président du bureau politique du mouvement du Hamas, a catégoriquement condamné le silence arabe et international tenu face à l’injuste blocus criminel imposé sur la bande de Gaza. Ce qui se passe à Gaza reste une honte pour ceux qui restent silencieux face au crime du blocus, dit-il.

En effet, dans le Forum arabo-internationale tenu pour discuter du droit au retour, dans la capitale syrienne, sur une période de deux jours, Mechaal s’est adressé aux Arabes, à tous les Arabes : « Ne laissez pas la mer pour les étrangers. Chaque pays arabe pourra envoyer un bateau vers Gaza ». Il a particulièrement critiqué l’autorité égyptienne pour son obstination à laisser le point de passage de Rafah fermé, sans faire attention aux souffrances des habitants de la bande de Gaza.

Quelles négociations !

Et pour ce qui est des négociations menées par l’autorité palestinienne de Ramallah et les autorités d’occupation israélienne, Mechaal les condamne également, surtout en ce temps de division qui déchire la scène palestinienne, surtout aussi parce que les négociateurs palestiniens ne sont pas capables et n’ont pas le droit de mener ces négociations.

Puis Mechaal a posé plusieurs questions. Pourquoi les négociations se sont arrêtées pendant cinq ans à l’époque du président palestinien défunt Yasser Arafat ? Pourquoi les négociations se sont arrêtées après la victoire du Hamas ? Cependant, pourquoi ont-elles repris après la division ? Pourquoi continuent-elles encore, en dépit de tous les obstacles israéliens ? Tout cela ne sème-t-il pas le doute que la division a été provoquée pour cacher ce qui se trame dans les coulisses des négociations ?

Ces négociations pourraient-elles continuer, si les Palestiniens insistent sur le droit au retour des réfugiés palestiniens ? continue Mechaal. Que signifie la continuation de ces négociations au moment où la bande de Gaza est sous blocus et où les arrestations n’ont pas l’air de s’arrêter ?

Pas de compensation financière

Tous les peuples ont le droit de vivre en paix et de résister lorsqu’ils sont sous une occupation. Et lorsqu’ils sont déportés de leurs territoires, ils gardent le droit d’y retourner. C’est un droit qui ne s’efface pas avec le temps. Le retour signifie le retour du réfugié palestinien dans sa ville, dans son village. La compensation n’annule en aucun cas ce droit. Puis les Palestiniens refusent l’idée d’une patrie remplaçante.

Toute personne qui marchande le droit au retour sera certainement de mèche avec tous ces projets destinés à installer les réfugiés palestiniens hors de leur patrie.

Ne laissez ce peuple palestinien se réfugier dans les pays scandinaves, comme c’est le cas pour le peuple iraqien, dit Mechaal.

Le dialogue

Le mouvement du Hamas avait salué l’effort égyptien destiné à réaliser et à faire réussir un dialogue palestino-palestinien. Cependant, nous avons appelé à la libération de nos détenus en Cisjordanie ; mais la Cisjordanie a connu une escalade des arrestations menées contre les membres du mouvement du Hamas, dit-il.

Le mouvement du Hamas a refusé de donner au négociateur palestinien un chèque blanc et le droit de prolonger l’accalmie dans la bande de Gaza. Il a également appelé à ce que tout le monde soit traité sur le même niveau. La Cisjordanie et la bande de Gaza doivent être réunies sur la stratégie de la résistance et non des négociations, confirme Mechaal.

Le mouvement du Fatah

« Je jure que le Hamas n’a aucun problème avec vous. Nous sommes en contradiction avec cette tendance qui avait laissé tomber le fusil, l’acte de l’OLP, les territoires et la ville d’Al-Quds, qui avait encerclé Arafat, en pratiquant contre lui un coup d’Etat, qui pourchasse la résistance », a dit Khaled Mechaal, président du bureau politique du mouvement du Hamas, s’adressant aux membres du mouvement du Fatah.

Les Arabes doivent bien étudier les nouveaux changements, sans se précipiter à offrir de nouvelles initiatives.

« Les nôtres, à l’intérieur de la patrie, ont leur béni projet, le projet de la résistance et de l’endurance ; et nous, à l’extérieur, nous travaillons pour que le monde entier connaisse notre droit au retour », a-t-il enfin dit.

Notons aussi que des milliers de personnalités sont arrivées de partout dans le monde dans la capitale syrienne Damas pour participer au Forum arabo-international pour soutenir le droit au retour. Plusieurs parlementaires européens font partie de ces participants.

Ce forum est tenu dans des jours qui s’approchent du 29 novembre, le jour mondial de solidarité avec le peuple palestinien. Il est également organisé soixante ans après la publication de la décision de l’Assemblée Générale n°194, assurant aux réfugiés palestiniens le droit au retour avec toutes les compensations qui vont avec.

27.11.08 15:30


Résistance

(JPG)
La Palestine subit, endure, souffre

Souffre depuis longtemps

Elle souffre de l'occupation, de la guerre

De la violence, de l'agression

 Mais surtout de l'injustice.

 

Nous vivons une situation dure

Sur notre propre terre

A cause de l'occupation et de ses mesures

Contre notre terre et notre mer

Une occupation qui déteste la vie et la lumière.

 

Malgré  nos difficultés et notre misère

En dépit de nos malheurs

Nous n'avons qu'un choix

Résister sur notre terre

La terre sacrée de Palestine.

 

Nous restons dans notre pays

Pour observer les étoiles avec nos enfants

Pour chanter l'amour avec nos oiseaux

Pour agrandir les arbres avec nos paysans

Pour protéger le ciel avec nos colombes.

 

Nous restons en Palestine

Et nous résistons en Palestine

Car nous aimons notre patrie

Et le soleil de notre pays.

 

 

Nous cultivons l'espoir avant la terre

Nous bâtissons la paix avant nos maisons

Nous semons les espérances avant nos arbres.

 

Sous le ciel sombre de la Palestine, nous restons

Sur la terre blessée de la Palestine, nous résistons

Avec nos enfants héros, nous vivons.

 

Nous restons ici

Nous vivons ici

Nous résistons ici

Et nous mourons ici.

 

Nous sommes un peuple en résistance

Nous sommes protégé par la résistance de notre peuple

Car la Palestine est avant tout un projet de résistance.

 

  Ziad Medoukh

26.11.08 15:42


Barack Obama : Une victoire programmée par le Nouvel Ordre Mondial ?

Ce texte a été révisé et mis à jour par l'auteur le 21 novembre 2008.

« Il faut que tout change pour que rien ne change. »
Guiseppe Lampedusa

Barack Obama a été élu sans surprise 44e président des États-Unis, et l’enthousiasme n’avait jamais été aussi délirant pour un candidat depuis John Kennedy en 1960. Le taux de participation (65%) a été le plus haut depuis 1908. Toute la presse occidentale « mainstream » a encensé unanimement le candidat démocrate pendant toute sa campagne, et continue aujourd’hui même. La machine de propagande, sans précédent, a fonctionné à merveille. Le réveil promet d’être très dur pour tous les progressistes qui se sont laissé embarquer dans les contes de fées du candidat Obama.

par Joëlle Pénochet
Mondialisation.ca, Le 9 novembre 2008

Au cours des précédentes campagnes la même presse avait loué, en 1992 et 1996, le démocrate Bill Clinton, qui n’a cessé de bombarder l’Irak pendant ses deux mandats avec des armes à uranium appauvri, et a renforcé l’embargo qui a causé la mort d’un million et demi de personnes (dont un tiers d’enfants), après avoir mené une autre guerre nucléaire en Yougoslavie... Elle a ensuite adoré son complice dans ses crimes contre l’humanité, Albert Gore, et continue, depuis l’échec de celui-ci, d’accuser le méchant Ralph Nader d’être responsable de l’élection de Bush en 2000. Et elle avait souhaité la victoire de l’intellectuel falot Kerry, aux positions encore plus bellicistes que G.W. Bush sur l’Iraq. En ce qui concerne Obama, elle a mis cette fois l’accent sur sa jeunesse et surtout sur sa « race » - alors qu’il est métis, et non Africain-Américain, et de pure culture occidentale) - comme elle l’avait mis sur le genre d’Hillary Clinton. En cela l‘Amérique blanche pourra enfin se racheter de son passé esclavagiste et ségrégationniste.

Après les deux mandats de G.W. Bush (le président le plus impopulaire le l'histoire des Etats-Unis), marqués par deux guerres d’agression qui ont lourdement grevé le budget du pays (600 milliards de dollars pour Iraq selon le prix Nobel d‘économie Joseph Stiglitz, beaucoup plus selon d‘autres sources) et largement contribué à son endettement, la grande majorité du peuple américain, qui aspire à un changement politique profond, a placé tous ses espoirs dans jeune sénateur ambitieux de l’Illinois, l’identifiant à Kennedy et à Martin Luther King. Barack Obama a ainsi suscité l'espoir et l'euphorie dans les classes défavorisées, les Africains-Américains - et les noirs et les progressistes du monde entier. Le premier métis à représenter un grand parti à la présidentielle, qui possède un réel génie politique, un charisme et des talents oratoires exceptionnels, a eu notamment l’habileté de reprendre dans ses discours le ton et les thèmes de ces deux héros historiques dont l’Amérique est si fière. Il a prononcé son discours d’intronisation à la candidature du parti démocrate le jour du 45e anniversaire du discours fameux de Luther King, « I have a dream». Ses principaux slogans de campagne, concoctés par d’habiles conseillers en communication, étaient: « Oui, nous le pouvons » (« Yes we can », répété en chœur de façon incantatoire par les foules après le candidat lors des meetings, et «nous changerons ensemble ce pays, et le monde».

Sur la base de son programme des primaires et de ses discours populistes, et grâce au rejet général du président sortant, il a obtenu le soutien d’artistes renommés engagés de longue date dans le mouvement anti-guerre (comme Joan Baez, Patti Smith, Bruce Springsteen, Bob Dylan, Michael Moore, Susan Sarandon, d’Africains-Américains (Stevie Wonder, Spike Lee), alors que son « concurrent » John MacCain n’a obtenu l’appui que des acteurs d’extrême droite Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone. Et celui d’intellectuels comme Noam Chomsky ("sans illusions", qui n’avait jamais pris position auparavant.

La face cachée de Barack Obama
Alors que les foules se sont enflammées pour le sénateur de l’Illinois, sans aucun argument autre que la couleur de sa peau, sa jeunesse ou sa compassion pour sa grand-mère mourante (blanche) qui l’a élevé, et en se basant seulement au programme qu’il avait opposé à celui d’Hillary Clinton lors des primaires, nous voulons ici nous attacher à son comportement au fil des mois et à ses positions politiques, affichées sur son site.

Barack Obama est un belliciste très dangereux
« Je construirai une armée du XXIe siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar. » Barack Obama (1)

Alors que pendant les primaires, il s’était opposé à Hillary Clinton sur l’Iran, promettant de rencontrer sans conditions le président de ce pays lors de sa première année de mandat, il a annoncé, juste après l’annonce officielle de sa victoire, lors de son discours du 4 juin à l’AIPAC, le puissant lobby pro israélien aux États-Unis, qu’il ferait « tout ce qui est en son pouvoir « pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. Tout ! », n’excluant pas une intervention militaire, s’alignant ainsi sur les positions du gouvernement israélien. La chaîne de télévision NBC a même noté que sa menace « ressemblait aux menaces prononcées par George W. Bush ». Alors que McCain avait suggéré qu'il serait prêt à accepter un accord qui permettrait à l'Iran de produire de l'uranium sur son territoire, Obama a déclaré qu'il ne l’admettrait pas, précisant qu'il ne donnerait pas aux Nations Unies un “droit de veto” sur une décision d'attaquer les installations nucléaires iraniennes (2)..

Lors de la réunion de l’AIPAC, Obama s’est déclaré un « véritable ami d’Israël » et il a proclamé la « Sacro-sainte sécurité » de cet Etat, liée à la création de deux États (les Palestiniens n’ont pas « droit à d’un état », mais « besoin d’un état ». Il affirmé que Jérusalem « restera la capitale d’Israël et restera indivisible », ce qu’aucun candidat n’avait osé le faire auparavant. Il s’est engagé à « maintenir la supériorité militaire de l’État hébreu » afin de combattre « toute menace provenant de Gaza ou de Téhéran ». Il a également promis à Israël de lui accorder 30 milliards de dollars d’aides militaires supplémentaires. Ce faisant, le « candidat noir » faisait les éloges d’un état raciste qui ne cesse de violer le droit international depuis sa création.

Il s’agit d’un virage à 180° d’un ancien défenseur des droits des Palestiniens. Aucun candidat ne peut en effet prétendre sérieusement à la présidence des Etats-Unis sans faire allégeance au lobby israélien. Ainsi, pendant toute sa campagne, Barack Obama n’a pas dénoncé une seule fois le mur de la Honte, le blocus criminel de Gaza, la colonisation illégale et brutale des territoires palestiniens, l’Apartheid, le nettoyage ethnique, la torture légalisée…

Aussitôt élu, il s’est empressé de nommer Rahm Emanuel chef de cabinet, justifiant ainsi le choix de son adjoint : « Le chef de cabinet est au centre de la capacité d'un président et de son administration de réaliser son programme… Et je ne connais personne de meilleur que Rahm Emanuel pour s'assurer que les choses soient faites» (3). Fils d’émigrés israéliens aux États-Unis, cet ancien conseiller du président Bill Clinton, surnommé «Rahmbo» et « Pitbull » en raison de son comportement agressif, a servi chez Tsahal en 1991, pendant la « Guerre du Golfe », et voté pour l’invasion de l’Iraq en 2002. C’est un fervent défenseur de l’occupation des territoires palestiniens.

Barack Obama s’était opposé à l’agression de l‘Iraq en 2002, et s’était prononcé pour le retrait des troupes US pendant les primaires, mais son calendrier est devenu de plus en plus flou au fil des mois. Il admet que dans certaines circonstances il pourrait décider de prolonger l’occupation.

En outre, comme le réclame Ralph Nader, les États-Unis doivent financer intégralement la reconstruction d’un pays qu’ils ont totalement dévasté - ayant détruit systématiquement depuis 1991 toutes les infrastructures vitales du pays -, et indemniser toutes les victimes, dont les millions de réfugiés. Obama n’a jamais abordé ce sujet. Il a promis de fermer le centre de Guantanamo, mais quid des milliers de prisons secrètes US dans le monde, dont quatre cents en Iraq ?

Barack Obama estime que les menaces contre les États-Unis ont grandi, de l’Afghanistan à l’Iran et qu’il faut se concentrer sur la lutte contre les Talibans, « responsables des attaques du 11 septembre ». Dans le cadre de cette « guerre juste », il estime que le pays a besoin d’y « renforcer les troupes…, de plus d’hélicoptères, de services de renseignements plus performants… pour accomplir (sa) mission là-bas » (4) Il veut relancer le programme spatial, moderniser entièrement l’arsenal des armes « conçues pour la guerre froide », préparer la « guerre électronique », pour bâtir « le squelette de la capacité (des États-Unis) d’étendre leur pouvoir mondial. » (Discours de Berlin).

Avec une posture présidentielle, il a effectué cet été une « tournée » en Europe, pour demander à ses dirigeants de renforcer la présence de leurs troupes en Afghanistan, déclarant par exemple en France: « Nous devons gagner cette guerre, car les terroristes peuvent attaquer Paris tout aussi bien que New York » (5). Selon le Sunday Telegraph, il a formulé récemment la même demande à la Grande-Bretagne. En outre, il a ajouté qu’il pourrait être amené à attaquer le Pakistan dans le cadre de la “chasse contre les terroristes ». Il a déclaré sur la chaîne CBS le 16 novembre dernier qu’il faut « en finir avec Al Qaïda une bonne fois pour toutes » (6).

La Syrie, où les États-Unis ont effectué un raid héliporté qui a tué huit villageois en octobre dernier, serait également dans sa ligne de mire (accusée à son tour de produire des ADM), ainsi que la Corée du Nord. Sans compter les pays et régions d’Afrique où il pourrait envoyer des missions « humanitaires » (au Soudan, au Darfour .

En vue de « reconstruire la Défense pour les tâches du XXIe siècle », il prévoit d’augmenter les forces terrestres de 90.000 hommes, d’investir dans la préparation d’interventions spéciales pour contenir des insurrections...

Son colistier Joseph Biden était pour un « ticket » Kerry-MacCain en 2004. Au temps où il était membre de la commission des affaires étrangères, il avait incité le président Clinton à armer les musulmans de Bosnie et à intervenir à Kosovo (en déposant une résolution au Congrès co-écrite avec John MacCain, un ami de longue date). Après le 11 septembre, il a affirmé que les États-Unis n’avaient « pas d'autre choix que d'éliminer Saddam Hussein.» Il a proposé en 2006 la partition de l’Iraq entre sunnites, chiites et Kurdes, chère à l’état d’Israël. Quant à l’ancien colistier d’Albert Gore, Joseph Lieberman, il a cette fois pris position en faveur du candidat Républicain.

Ses conseillers en politique étrangère les plus influents sont des faucons, comme Anthony Lake et Dennis Ross, tous deux membres du Council on Foreign Relations et du PNAC. Lake est un ancien conseiller sur la sécurité nationale de l’administration Clinton ; il a soutenu les djihadistes afghans contre les Russes ; il est l’un des architectes des interventions militaires dans les Balkans et en Somalie. Ross, qui a travaillé pour le Conseil de sécurité nationale de Reagan (notamment avec Paul Wolfowitz) avant d’être coordinateur spécial pour le Moyen Orient sous Bill Clinton, est partisan d’une ligne très dure contre l’Iran. Il est par ailleurs analyste politique à Fox News.

Obama se déclare ennemi des pays d’Amérique latine qui ont déclaré leur indépendance des États-Unis, comme le Venezuela de Chavez et la Bolivie d’Evo Morales. Il affirme sur son site de campagne que G.W. Bush n’a pas été efficace vis-à-vis des « démagogues » du sous-continent et qu’il fera tout pour rendre la liberté à Cuba, à commencer par la libération des prisonniers politiques : les États-Unis doivent y exporter la démocratie (comme en Iraq ?). Il est pour le maintien du blocus, qui étouffe le pays depuis 1962, alors que 185 membres des Nations Unies ont encore voté en faveur de sa levée le 31 octobre.

En outre, Obama est pour le renforcement de l’OTAN, et l'intégration de la Géorgie et de l'Ukraine en son sein, au risque de renforcer les tensions avec la Russie.

En résumé, le président Barack Obama va poursuivre la « guerre infinie » contre le « terrorisme » proclamée par G.W. Bush en 2001, en comptant sur le ralliement d’un maximum de pays occidentaux, qui contribueront à la financer.

Des promesses en matière de politique intérieure très modestes, mais impossibles à tenir

Si la politique extérieure reste aussi agressive que celle de ses prédécesseurs, on se demande où Obama trouvera l’argent pour rétablir un minimum de justice sociale dans son pays – par exemple en finançant, comme il l’a promis, une couverture médicale pour tous les enfants. Les sept années de croissance ininterrompue des États-Unis n'ont profité qu'à la petite minorité des plus riches, au détriment des travailleurs pauvres, des chômeurs, des Africains-Américains et de tous ceux qui sont expulsés par milliers de leur maison qu’ils ne peuvent plus rembourser. Les inégalités se sont creusées et les conditions de travail se sont détériorées. C’est pourquoi beaucoup de pauvres, parmi lesquels de nombreux anciens électeurs républicains, ont placé tous leurs espoirs dans Barack Obama, bien qu’il ait voté avec les Républicains pour le plan Paulson, ce cadeau monstrueux de 700 milliards de dollars fait aux « banksters » - la plus grande escroquerie financière de l’Histoire.

Bill Clinton avait promis une couverture de santé pour les plus démunis et une redistribution sociale plus équitable au cours de sa campagne de 1991. Mais, pendant ses deux mandats, il a remis en cause des acquis sociaux existants, cependant qu’il augmentait le budget militaire.

Obama n’est pas partisan de l’État-Providence, il ne s’adresse pas aux classes pauvres, mais aux classes moyennes, en voie de paupérisation. Il n’est pas partisan d’une couverture médicale universelle. Il veut rendre les travailleurs « plus mobiles et moins résistants aux changements ». Selon lui, les inégalités seraient dues à des différences dans les niveaux de formation et de compétences, et non à « un transfert radical et historiquement sans précédent de la richesse, des travailleurs vers les propriétaires du capital », note Bill van Auken, qui poursuit: « L’essence de l’approche d’Obama sur les questions économiques, comme l’ensemble de sa candidature, est de chercher à réconcilier l’irréconciliable. Il dit avoir de la sympathie pour les chômeurs, ceux qui n’ont pas de couverture-maladie… sans exprimer la moindre hostilité envers les parasites financiers responsables de ces conditions : les PDG aux salaires mirobolants, les gestionnaires de fonds de placement à risque, les investisseurs banquiers et les spéculateurs de biens de consommation » (7).

Après Albert Gore (pressenti pour être en charge des questions environnementales dans la nouvelle administration), qui avait vanté les vertus écologiques de l’énergie nucléaire dans son livre « Earth in the Balance », le manifeste du parti démocrate sur le sujet en 2000, Obama estime que le recours à cette source d’énergie est inévitable dans le contexte du changement climatique, et préconise le stockage des déchets nucléaires « en appliquant le principe de précaution ». Il est vrai que deux de ses plus gros donateurs sont des responsables d’Exelon, la plus grande société de construction de centrales nucléaires du pays, et que son conseiller David Axelrod y a été consultant (8).

Il est en faveur des forages pétroliers offshore (interdits depuis plus de vingt-six ans, ils viennent d’être autorisés par la Chambre des représentants) et du charbon « vert ». Ses positions en faveur du développement des énergies renouvelables ont une valeur cosmétique.

Par ailleurs, il veut préserver le 2e amendement de la Constitution américaine, qui autorise le port d'armes, et il est partisan de la peine de mort dans certains cas, comme le viol d’enfants.


Les États-Unis gouvernés par un parti unique: les « Republicrats », à la solde du complexe militaro-industriel, des grandes corporations et d’Israël

Plus que jamais, la collusion des deux grands partis, qui forment une « hydre à deux têtes », selon la formule de Ralph Nader, est patente. Barack Obama a obtenu le 18 octobre dernier, après l’avoir courtisé pendant des mois, le soutien de Colin Powell, ancien chef d’état-major des armées américaines, ancien secrétaire d’Etat de Georges W. Bush. C’est le discours de Powell devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, le 5 février 2003, qui a permis à l’administration Bush de déclencher l’agression contre l’Iraq, à l’origine de plus de 1.200.000 morts (The Lancet) et d’éradiquer quasi totalement l’Iraq de la carte du monde. « Ce matin, un grand soldat, un grand homme d’Etat et un grand Américain s’est rallié à notre campagne pour changer l’Amérique», a déclaré Obama (Les Echos, 27 octobre 2008). Avant l’Iraq, ce « grand homme » s’était également distingué en faisant tout pour dissimuler le massacre de My Lai au VietNam.

De nombreux autres Républicains, souvent anciens membres de l’administration Bush ou Reagan, se sont ralliés à lui, et il existe même des sites de « Républicains pour Obama ». La femme de Cheney, autre grand criminel de guerre, a révélé à la télévision que son mari était « un cousin au 8e degré » d’Obama, qui s’est empressé cette annonce, parlant de « Dick Cheney, mon cousin ». Dans son brillant livre-programme, L’Audace d’espérer, « Barack Obama dit des Républicains « comprendre (leurs) motivations et reconnaître chez eux des valeurs [qu’il] partage ». Il a rendu hommage à l’ancien président Bill Clinton pour avoir « extirpé du Parti démocrate certains des excès qui l’empêchaient de gagner les élections » (9)

Au sein du Congrès, à majorité démocrate depuis les élections de 2006 grâce aux voix des pacifistes, Obama a voté avec son parti le financement des guerres contre l’Afghanistan et l’Iraq, la construction de l’ambassade des États la plus grande dans le monde à Bagdad ainsi que l’installation de bases permanentes en Iraq, la réinstauration du Patriot Act, l’autorisation de la surveillance généralisée des communications téléphoniques et par Internet, et refusé de lancer une procédure d’Impeachment contre Bush et Cheney, « criminels récidivistes » (Ralph Nader).

Lors de son premier débat avec John McCain, le 26 septembre, Barack Obama a déclaré qu’il voulait «restaurer la position des États-Unis dans le monde» et qu’il fallait que les Américains comprennent que «la perception entretenue par le monde à l’endroit des États-Unis allait faire la différence dans la capacité de travailler ensemble, notamment pour déraciner le terrorisme». Dès mars 2008, il annonça: « Ma politique étrangère se veut un retour à la politique réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan ». Comble du cynisme, Obama a reçu MacCain le 17 novembre pour « travailler ensemble » au cours des « mois à venir » !


Une opération de lavage de cerveau à l’échelle planétaire
Outre les medias traditionnels, quasiment tous acquis au candidat Obama au fil des mois (y compris la presse financière et conservatrice), Internet a joué un rôle fondamental dans la campagne, notamment avec quantités de vidéos musicales « hyper-ciblées » en direction des jeunes, des femmes et des différentes minorités (Africains-Américains, Latinos, Asiatiques...) (10). Pour certains clips, des sbires d’Obama ont enrôlé des écoliers pour chanter en uniforme bleu les vertus du candidat.

Les meetings avaient l’allure de rassemblements autour d’une rockstar internationale adulée, dont on écoute surtout la musique, et peu les paroles. Ainsi, ses déclarations bellicistes devant des foules en transe sont passées inaperçues (à Berlin devant 200.000 personnes, comme aux États-Unis). Un tel phénomène irrationnel autour d’un homme politique n’est pas sans rappeler des pages sombres de notre Histoire…

Alors que les choix récents de ses collaborateurs prouvent que le changement résidera uniquement dans le style, la personnalité et le pouvoir de séduction du nouveau président, l’Obamania préfabriquée continue de faire rage à travers la planète. La plupart de membres de son administration sont d’anciens proches collaborateurs de Bill Clinton. Le 19 novembre, David Axelrod, son conseiller qui l’a mené à la victoire, a été nommé conseiller principal à la Maison Blanche et Greg Craig son conseiller juridique. On parle toujours de la nomination d’Hillary Clinton au secrétariat d’État, et Robert Gates pourrait succéder à lui-même à la Défense, en attendant l’ouverture à d’autres Républicains qui l’ont soutenu, après avoir servi G.W. Bush.

Une machine de propagande gigantesque pour Obama, et un black out total sur les autres candidats

De même que lors des primaires, les candidats à l’investiture des deux grands partis, comme Ron Paul (Républicain anti-guerre) ou Dennis Kucinich (aile gauche des Démocrates, le favori des pacifistes) avaient été occultées pendant les primaires, les « troisièmes » candidats ont été totalement ignorés : Ralph Nader (11), Cinthya MacKinney (la candidate des Verts, ancienne sénatrice démocrate anti-guerre africaine-américaine), Bob Barr (parti libertarien), Jerry White (Socialist Equality Party)...

La machine de propagande du candidat Obama était extrêmement puissante… Le coût de la campagne de 2008 atteindrait au total plus de deux milliards de dollars » (selon le Center for Responsive Politics), le candidat démocrate ayant bénéficié du double de la somme de son concurrent, soit 639,2 millions de dollars - un record historique pour un candidat à la présidentielle -, dont seul un quart seulement proviendrait de petits donateurs, le reste provenant d‘une myriade de petits comités créés de toute pièces pour recueillir les fonds de financiers de Wall Street et consorts tout en respectant la loi. En fin de campagne, Barack Obama a fait diffuser un publi-reportage de 30 minutes de trois millions de dollars sur sept grandes chaînes de télévision nationales. Ses spots publicitaires ont été quatre fois plus nombreux que ceux de McCain dans les dix-huit « Swing States » (États où son élection n’était pas assurée).

Face à ce déluge de dollars distribués au parti unique par les grandes corporations, les candidats des petits partis, dont la plupart des électeurs américains ne connaissaient même pas l’existence, n’avaient aucune chance d’obtenir un score honorable. Par exemple, Ralph Nader, uniquement financé par des petits donateurs et l’aide légale de l’État, a collecté au total quatre millions de dollars soit l’équivalent de ce qu’Obama a recueilli en moyenne par jour. Malgré une campagne-marathon très professionnelle à travers tout le pays, et la présence de candidats dans 45 états, il n’a recueilli que 0,5% des voix.

En outre, depuis 2000, les petits partis sont exclus des grands débats télévisés, qui ont un poids déterminant dans le résultat final. L’outsider Ross Perot avait obtenu plus de 18% des voix en 1992, et la commission des débats voulait éviter le même scénario avec Ralph Nader.


L’élection d’Obama aurait-t-elle été programmée de longue date ?

Pour conserver leur hégémonie dans le monde, les États-Unis ont besoin de redorer leur image, extrêmement dégradée par les deux mandats de « Bush l’idiot », le président le plus impopulaire de toute leur histoire. Le choix de MacCain, un candidat âgé, falot, peu brillant, peu avenant et homme du passé (associé à la guerre du VietNam), dans lequel ne pouvaient se reconnaître les nouvelles générations d’Américains, a inéluctablement favorisé l’élection de Barack Obama. MacCain et sa colistière excentrique ultra-conservatrice Sarah Palin auraient pu être utilisés comme repoussoirs pour mieux faire élire le candidat démocrate.

D’autant que les Américains sont préoccupés plus que jamais par leur situation sociale (12), dont l’aggravation s’est accélérée depuis la « crise financière » - survenue à un moment fort opportun pour le candidat démocrate-, et qu’ils sont opposés à une large majorité (deux tiers) à des interventions à l’étranger, qui grèvent lourdement le budget de l’État alors que toutes les infrastructures du pays continent de se dégrader (dans les secteurs-clefs comme l‘éducation, la santé, les transports . C’est ce courant majoritaire anti-guerre qui avait permis aux Démocrates de reprendre le contrôle du Congrès en novembre 2006.

D’autres questions se posent auxquelles il est difficile actuellement de trouver des réponses : pourquoi le même Colin Powell, ainsi que Joseph Biden et Zbigniew Brzezinski (13), ont-t-ils prévu des « événements très graves » qui se produiraient après l’intronisation du nouveau président pour le « tester »? Cela a-t-il un quelconque rapport avec le soutien de Powell qui était convoité par Obama ? Par ailleurs, John Bolton, ancien ambassadeur aux Nations Unies, un faucon notoire, a prédit qu’Israël pourrait attaquer l’Iran après l’élection, avant la prise de pouvoir officielle d’Obama. Faut-il redouter de nouveaux attentats terroristes qui fourniraient l’alibi idéal à Obama pour ne pas répondre aux attentes de ses électeurs (enracinées dans son programme des primaires, conçu pour conquérir les progressistes - restés subjugués par le candidat, en dépit de sa radicalisation à la droite extrême). Il a déjà annoncé, lors de son discours de victoire, que « la route serait longue et difficile », et que les promesses ne pourraient peut-être pas être tenues « sur une année, et même sur un seul mandat »…

Comme l’écrit justement Serge Halimi : Obama « paraît donc mieux armé qu’un autre pour {« renouveler le leadership américain dans le monde »]. C’est-à-dire réhabiliter la marque Amérique, rendre plus performantes parce que mieux acceptées — et plus accompagnées — les interventions des Etats-Unis à l’étranger… Pour ceux qui rêvent encore qu’un président « multiculturel » né d’un père kenyan serait le signe de la venue d’une Amérique new age et la farandole d’une ronde où tous les gars du monde se donneraient la main, le candidat démocrate a déjà dit qu’il s’inspirerait moins des Pink Floyd ou de M. George McGovern que de la politique étrangère « réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan » (15).

Avec Barack Obama, la fin de l’hégémonie des États-Unis dans le monde n’est pas pour demain. Au contraire, elle sera inévitablement renforcée, peut-être plus forte qu’elle ne l’a jamais été. Et le mouvement pacifiste, sur lequel les démocrates avaient fait un hold-up lors de la campagne présidentielle de 2004 (16) n’est pas près de renaître de ses cendres, du moins dans l’immédiat…

« Oui, nous pouvons » vraiment redouter l’avenir qu’Obama et son équipe nous préparent.


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Notes

(1) « Renewing American leadership », Foreign Affairs, New York, juillet 2007.

(2) Comme le souligne Bill Van Auken, « Le caractère belliciste souvent prêté à McCain, par opposition à Obama, repose beaucoup plus sur ce que l’on perçoit du caractère du premier (emporté, incontrôlé par rapport au caractère du second (calme, mesuré . Sur les intentions politiques affichées, il est vrai qu’Obama ne paraît certes pas moins belliciste que McCain. WSWS, 14 février 2008.

(3) Cité dans Cyberpresse.ca, 7 novembre 2008.

(4) Cité dans le New York Times, 14 juillet 2008.

(5) C’est nous qui soulignons.

(6) Ibid.

(7) WSWS, Ibid.

(8) Jeffrey St Clair et Joshua Franck, High Times for the Atom Lobby, CounterPunch, 10/12 octobre 2008.

(9) Cité par Serge Halimi, Le Monde Diplomatique, septembre 2008.

(10) Stephen Ansolabehere, politologue à Harvard et au MIT, les Blancs ne représenteraient plus que 74% de l'électorat, contre 81% en 2004, avant la poussée démographique noire et hispanique de ces dernières années.
(
http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5iSyLBz4omJYs-z05Cyp_6jBQtVEA ).

(11) Sur la présence du 3e parti face aux « Republicrats », voir l’analyse des élections de 2004 : Joëlle Pénochet, Ralph Nader, un candidat bâillonné dans une élections sans enjeux, », Le Grand Soir, 1er novembre 2004,
http://www.legrandsoir.info/spip.php?page=imprimer_article&id_article=1864
mise à jour du 15 novembre : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article10897 .

(12) Un rapport publié juste avant la crise a montré que près d’un tiers des familles américains, dont au moins l’un d’entre eux travaille, vivait dans la pauvreté.

(13) Obama may be tested, 8 novembre 2008 :
http://www.infowars.com/?p=5889 .

(14) Toby Harnden : John BOLTON: Israël ‘Will Attack Iran’ just after the Election, The Telegraph/UK, 24 juin 2008.

(15) Le Monde Diplomatique, août 2008. C’est nous qui soulignons. Par ailleurs, cette détermination est clairement affichée sur son site : « Barack Obama and Joe Biden will renew America’s security and standing in the world through a new era of American leadership. The Obama-Biden foreign policy will end the war in Iraq responsibly, finish the fight against the Taliban and al Qaeda in Afghanistan, secure nuclear weapons and loose nuclear materials from terrorists, and renew American diplomacy to support strong alliances and to seek a lasting peace in the Israeli-Palestinian conflict.”
(
http://change.gov/agenda/foreign_policy_agenda/ ). C’est nous qui soulignons.

(16) Grâce à la fondation d’organisations pacifistes créées de toutes pièces par le milliardaire démocrate George Soros (comme par exemple « Move On », et surtout au le mouvement « Anybody But Bush ».

25.11.08 15:32


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