Let me introduce you… The Chatounets !


Mini-Roro, alias “je-ronronne-dans-les-jambes-du-premier-qui-passe”, dans le rôle de l’affamé pot-de-colle


Mini-Mousty, alias “approche-approche-je-vais-te-péter-la-chgueule”, dans le rôle de l’affamé hyperactif

(bientôt sur vos écrans)

(…) L’attaque la plus frontale date de début 2007. Dans de nombreux pays d’Europe, lycées, collèges et universités reçoivent sans l’avoir demandé un luxueux ouvrage illustré, L’Atlas de la création. Edité et imprimé en Turquie, il prétend démontrer que l’évolution n’est pas une doctrine scientifique mais de la propagande antireligieuse.

(…) Egalement diffusé en Asie et au Moyen-Orient, ce discours extrémiste n’a toutefois exercé en Europe et aux Etats-Unis qu’une influence limitée. Il en va tout autrement du concept de “dessein intelligent” (…). Sa thèse centrale ? La vie est trop complexe pour être issue d’un processus non dirigé tel que la sélection naturelle. L’évolution des espèces est admise, mais elle ne peut qu’être l’oeuvre d’un concepteur d’ordre supérieur.

” (…) dès lors qu’on fait accepter, d’une façon prétendument scientifique, l’existence d’un concepteur à l’origine du monde, il devient facile d’appuyer des positions législatives très conservatrices, et de faire admettre certains comportements - l’homosexualité, la contraception, l’avortement - comme déviants.” Sous ses aspects théoriques, le créationnisme constitue bel et bien un enjeu de société. (…)

Article complet dans Le Monde du 17.11.2008

(…) Les thons rouges sont victimes de surexploitation. Les scientifiques assurent que les captures ne devraient pas dépasser 15.000 tonnes/an pour cette espèce (…). Or ce chiffre est largement dépassé.

(…)Les prises déclarées sont deux fois plus élevées et dépassent le quota fixé par la Cicta (28 500 tonnes pour 2008) après d’interminables tractations. Et si l’on prend en compte la fraude - très répandue -, c’est sans doute près de 60 000 tonnes de thons rouges qui sont capturés chaque année en Méditerranée, par un petit nombre de pays (dont principalement la France, l’Espagne, et l’Italie).

(…) Si personne ne conteste la nécessité de mesures drastiques, les points de vue n’en sont pas moins très éloignés. Pour éviter le pire, le Japon, qui absorbe à lui seul plus de la moitié des thons rouges pêchés en Méditerranée, va plaider pour une simple réduction des TCA (taux de capture autorisé). D’autres pays, en revanche, pourraient réclamer l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces en danger d’extinction et, à ce titre, obtenir une interdiction pure et simple de son commerce.

L’Union européenne, elle, s’en tient à une position médiane. La Commission a imposé aux Etats membres une réduction de plusieurs semaines de la période de pêche. Il lui faudra sans doute aller au-delà et financer des mesures de réduction de la flotte.

Article complet dans Le Monde du 18.11.2008

Né en 1932 à Besançon, père de la glaciologie moderne, Claude Lorius a reçu à Tokyo le prix Blue Planet, l’une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l’environnement.

L. Carpentier : Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste… Sur les CFC, on voit bien que l’arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d’ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd’hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment…

(…)

Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant… Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l’effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement…

C’est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s’amplifieront, mais l’homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c’est que nous entrons dans une nouvelle ère, l’anthropocène, où pour la première fois dans l’histoire de la Terre, l’homme gouverne l’environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu’il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

(…)

C’est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l’anthropocène à l’augmentation des concentrations en CO2 telle que l’a montrée l’analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L’occupation des sols, l’utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d’agressions à la planète qui relèvent de l’homme et le menacent.

Pour le réchauffement climatique, la question de l’énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d’énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd’hui que la courbe d’augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d’énergie, elle, n’a aucune raison de plonger !

(…)

Regardez le Grenelle de l’environnement ! C’était un bel effort, mais au final, il n’y a pas l’argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme… La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires… et ce n’est pas en habillant Total en vert qu’on va changer quoi que ce soit.

(…)

Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l’état d’équilibre, or cet équilibre n’existe pas. C’est un terme trompeur.

(…)

La totalité de cet entretien se trouve dans Le Monde du 12.11.2008

Préambule : désolée pour le nombre de liens dans cette note, mais il est difficile de faire un compromis entre lisibilité/longueur de la note et “exhaustivité”/nuance des informations sur ce sujet qui prête à polémique.

Les îles Féroces, ce sont bien sûr les Féroé. Le sujet avait déjà été évoqué dans les commentaires de cette autre note il y a un an et demi, en parlant du massacre des dauphins par le Japon. Ici ce n’est pas de l’autre côté de la planète, c’est juste à côté de chez nous. Les 18 îles Féroé (en féringien : Føroyar, en danois : Færøerne) appartiennent au Danemark… mais ne jetons pas la pierre aux Danois pour autant ! Ces îles possèdent leur propre gouvernement et ont une très large autonomie.

J’en parle aujourd’hui car 006 m’a envoyé un lien vers un article de Marianne évoquant cette tradition barbare : chaque année, les îliens massacrent des dauphins jusqu’à en rougir la mer. Ce rituel séculaire, auquel assistent aussi des enfants, est dénoncé depuis longtemps par différentes organisations : dès 1983 la Sea Shepherd (considérée par certains comme une organisation “éco-terroriste”) avait tenté de s’y opposer.

En 1985, le Sea Shepherd II devient le premier navire de protection de la nature à venir s’opposer au massacre des globicéphales perpétré aux Îles Féroé. Le Capitaine Paul Watson et son équipage rencontrent alors le Premier Ministre des Féroé et le préviennent que la Sea Shepherd Conservation Society va lancer une campagne contre le massacre illégal des globicéphales.

En Juillet 1986, le Sea Shepherd II lève l’ancre et part en direction des îles Féroé pour témoigner du massacre et perturber la chasse « sportive » au globicéphale. Le Capitaine envoie 5 membres d’équipage parlementer avec le gouvernement. Ceux-ci sont arrêtés et maintenus prisonniers sans charge. Le Sea Shepherd II refuse de quitter les eaux féroïennes tant que les détenus ne seront pas relâchés. Les féroïens répondent par des attaques au gaz lacrymogène et au fusil. Paul Watson voit passer une balle à moins d’un pouce de sa tête et ordonne alors à son équipage de se défendre à l’aide des lances à eau et des canons chargés de garniture pour gâteau au chocolat et pour tarte au citron. Les assaillants féroïens sont humiliés et le Sea Shepherd II parvient à prendre la fuite avec nombres de documents témoignant du massacre des cétacés et d’une intense confrontation. L’incident est retransmis au travers d’un documentaire primé, produit par la BBC, intitulé « Black Harvest » (NdDDC : “Moisson Noire”).

(…)

En juillet 2000, l’Ocean Warrior navigue jusqu’aux îles Féroé pour s’opposer au massacre annuel des globicéphales. Encore une fois, cette chasse fait la une des médias en Europe. Sea Shepherd organise une pression économique sur les entreprises qui, comme le géant Unilever, achètent encore des produits de la mer en provenance des Féroé (90% de leur économie). Plus de 20 000 commerces européens mettent un terme à leur contrat avec les Féroé sur demande de Sea Shepherd.

Dans l’article de Marianne, les photos de ce loisir sanguinaire sont dures mais, en tant qu’images figées, je les trouve plus “supportables” (si je puis dire !) que la vidéo japonnaise. Elles semblent curieusement dater de 2005 (j’ai essayé autant que faire se peut de recroiser les informations mais ce n’est pas toujours évident). Les photos se trouvent à la fin de l’article donc vous pouvez aller le lire sans crainte. Je relaie seulement une vue d’ensemble, pour montrer l’ampleur de ce massacre : de l’ordre de 1500 à 2000 cétacés, dont une majeure partie globicéphales, en seraient victimes chaque année.
Si vous cherchez “grindadráp” dans flickr vous trouverez de nombreuses autres photos qui témoignent de cette boucherie…

feroe

A noter, le commentaire de Jean-Paul (n°43) dont voici un large extrait car je le trouve très intéressant :

On remarquera en passant que les images sont estampillées “lail-alsahara.com”, site saoudien. On aura donc compris qu’il s’agit de la réponse du berger à la bergère autour de la fête de l’Aïd el Kebir, où on montre que les Vikings peuvent se comporter avec des cétacés comme les musulmans avec les moutons. Ironie du sort, Féroe (Føroyar) veut dire “îles des moutons”.
(…)
L’archipel Féroé est danois. Mais il s’agit (comme le Groenland) d’une région autonome, avec son drapeau, son gouvernement et son parlement locaux, qui ne fait pas partie de la Communauté Européenne (à l’instar de nos Territoires d’Outre Mer). En fait les Féroé ont choisi de ne pas faire suivre le Danemark dans l’UE pour ne pas être soumises aux règles communautaires sur la pêche. Il existe dans cet archipel de 48 000 habitants un fort courant politique indépendantiste.

Comment réagir ?
Il faut savoir que cette pratique fait l’objet de protestations depuis 1984. Ces campagnes ont probablement eu certains effets : le harpon de chasse (avec lequel on hissait l’animal sur le bateau) a été interdit par les autorités féringiennes en 1986, la lance (avec laquelle on tirait un des globicéphales vers le rivage pour attirer le groupe) a été interdite en 1995, les crochets pointus, avec lesquels les hommes dans l’eau agrippaient les animaux n’importe où pour les échouer sur le rivage, ont été remplacées à partir de 1998 par des crochets émoussés agrippant l’évent.
Les Féroé ont mis en place une page internet http://www.whaling.fo/thepilot.htm (pilot whale = globicéphale), pour expliquer et justifier cette chasse.

On peut continuer à agir :
(…)
- En protestant auprès :
(…)
* et surtout des autorités féringiennes :
- le bureau du Premier Ministre
Løgmansskrivstovan
Tinganes
Postboks 64
FO- 110 Tórshavn
Faroe Islands

Fax: +298 351015
mail: info@tinganes.fo
et lms@fl.fo (Dpt des affaires étrangères)

- Le Parlement
Føroya Løgting
Tinghúsvegur 1-3
Postboks 208
FO- 100 Tórshavn
Faroe Islands

Fax : +298 363901
mail : logting@logting.fo

Pas besoin d’en mettre une tartine, ils ont l’habitude, une petite phrase suffit, genre :
« I ask the Faroes to stop the slaughter of pilot whales, which is unacceptably cruel, and is no longer a necessary food source for the population.
Sincerely
»

Certains comparent cette cruelle tradition avec celle non moins exécrable de la tauromachie. J’ignore si le nombre de victimes est comparable mais au moins une chose ne l’est pas, à mon sens : la fragilité de l’espèce.

Extrait du site de la Swiss Cetacean Society (oui je sais ça fait bizarre que ce soit suisse !) :

Pour des raisons de traditions, il ne se passe pas une saison sur les Iles Féroé sans que des bateaux à moteur encerclent les globicéphales (Globicephala melaena) passant à proximité des côtes, pour les ramener dans une baie peu profonde. Ils sont ensuite attrapés puis tirés sur la plage au moyen de longues gaffes munies d’un crochet leur infligeant de profondes blessures, souvent aux yeux ou dans l’évent. Les chasseurs s’efforcent ensuite d’achever l’animal au couteau, lui sectionnant la carotide et la moelle épinière en tranchant profondément juste derrière l’évent. Mais fréquemment ils n’y parviennent pas et l’agonie se prolonge alors plus de 15 minutes. Le reste du groupe assiste au massacre, et les cétacés saisis d’une terreur panique s’infligent quantité de blessures supplémentaires. La totalité d’un troupeau de globicéphales, femelles enceintes et petits confondus, est ainsi exterminée au cours d’une prétendue “manifestation folklorique”. Les dauphins qui accompagnent fréquemment les globicéphales sont eux aussi massacrés sans merci.

Pour la seule année 1996, 1′392 globicéphales et 324 dauphins bleus et blancs (Stenella coeruleoalba), une espèce pourtant protégée, ont trouvé la mort de cette façon abominable. Ce véritable bain de sang va à l’encontre de la législation internationale protégeant les mammifères marins (Conventions de Berne et de Bonn); quant aux quelques dispositions prises dans la législation locale, les habitants de Iles Féroé semblent n’en avoir cure.

On se doit certes de respecter les traditions des autres peuples, mais à considérer celles-ci isolément, nous négligeons gravement nos devoirs envers le monde végétal et animal. De surcroît, la chasse au globicéphale telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui n’a vraiment plus grand chose à voir avec une quelconque tradition : entre les hors-bord super rapides, sonars, échographes, appareils radios et autres moyens high tech utilisés actuellement pour traquer le cétacé, on ne lui laisse plus aucune chance. Depuis l’encerclement des animaux en haute mer jusqu’au massacre dans la baie, où ils assistent impuissants à la mise à mort de leurs congénères, nageant littéralement dans leur sang en attendant leur tour, il s’écoule plusieurs heures d’une brutalité sans nom.

Vous êtes horrifiés, révoltés ? Alors s’il vous plaît regardons une petite minute dans nos propres assiettes… Nous en avons moins conscience, c’est (rendu) moins visible, c’est sans doute moins impressionnant qu’une mer de sang et ce sont des bestioles moins “mignonnes” que les dauphins dont on vante qui plus est particulièrement l’intelligence, la sociabilité, la sensibilité, la richesse du langage, etc. Mais fondamentalement, ce qu’il se passe dans notre assiette n’est pas si différent.
Pour ne pas encourager cela, mangeons moins (ou pas) de viande et de poisson, et évitons le plus possible les élevages industriels (l’un dans l’autre ça se compensera au niveau du portefeuille)…

Mon but en concluant ainsi n’est pas de culpabiliser qui que ce soit, mais de rendre conscient que la grande majorité des poules, boeufs, veaux, agneaux, poissons, etc. que nous mangeons sont traités et tués avec la même indifférence.
Je ne suis personnellement pas “100% végétarienne” et ne le deviendrai peut-être jamais, mais je crois qu’en consommant autrement on peut changer beaucoup de choses… sans doute plus qu’en signant les pétitions qui fleurissent en ce moment contre les îles Féroé, ce qui n’empêche bien sûr pas ceux qui le souhaitent de les signer ;-)

9 septembre 2008 - Le val Ferret : refuge Elena et glacier du Pré de Bar

Ce matin le petit-déjeuner est étrangement restreint : pas de prosciutto, pas de fromage, pas de “dessert”, pas de pain aux noix… Ouin ! Serait-ce parce que c’est notre dernière nuit ?? :|

Par contre nous aurons droit à la visite de la “cave”, une pièce remplie de souvenirs tels que colliers de vache et outils traditionnels. Nous discutons avec le logeur des pratiques d’antan et prenons ensuite congé de lui.

Nous partons vers Courmayeur et tentons de trouver un nouveau logement. Ce n’est pas évident car la région est chère et par ailleurs beaucoup de chambres d’hôtes sont déjà fermées car c’est la fin de la saison touristique.

Après quelques tours et détours infructueux, nous abandonnons (momentanément) cette recherche pour aller au Val Ferret (côté italien). La traversée de Courmayeur est un peu pénible, nous voudrions acheter de quoi pique-niquer mais tous les parkings sont payants et bondés.

J’ai beaucoup aimé la couleur de la rivière (Dora di Ferret) et ses vagues vives.
Une zone ombragée et remplie de bancs en bois nous tend les bras pour un pique-nique très relax. Les pinsons viennent assez près pour nous mendier des bouts de pain. Ils sont également fort adeptes des crêpes de Bruges !

De chaque côté de la vallée, ça monte très vite très fort. AàG me nomme chaque sommet, comme la Dent du Géant, mais je n’en retiendrai pas la moitié. Les Grandes Jorasses sont particulièrement impressionnantes.

Au bout de la vallée, nous décidons d’aller jusqu’au refuge Elena (alt. 2062m). Pour ce faire, nous avons le choix entre le large chemin carrossable longeant la rivière dans le fond de la vallée, ou le petit sentier de randonnée fléché “TMB”. Vu les multiples traces de roues de vélo, j’ai cru que le “MB” se rapportait à Mountain Bike, mais en fait TMB veut simplement dire Tour du Mont-Blanc :lol:

Nous empruntons bien sûr l’étroit sentier. Cela monte raide au départ puis nous arrivons sur une sorte de petite crête. On y rencontre quelques autres promeneurs :

Sur notre flanc de montagne le panorama est végétal, notre sentier s’enfonce dans un vert tendre un peu fâné par l’automne. En face lui répondent l’aridité des rochers et la majesté des glaciers.

Un solide pont en bois enjambe le ruisseau, ensuite le chemin reprend sa montée vers le refuge.

Ci-dessous : AàG appelait ces fleurs des “vieux punks” ^^
(Si quelqu’un connaît le vrai nom ??)

Il y a pas mal de monde au refuge Ellena, beaucoup sont arrivés par la voie carrossable semble-t-il. En face de la terrasse du refuge, un glacier nous fait de l’oeil :

Nous avons encore largement le temps pour aller lui dire bonjour avant que la nuit ne tombe. Il suffit de descendre un peu sur la ‘route’ et d’ensuite couper à travers les pierriers. Notre présence effraye certains : trois chamois s’enfuient soudain, avec une vitesse et une agilité sidérantes !

L’endroit n’est qu’un éboulis de roches de différentes tailles. Curieusement sur ce terrain mes pied sont très sûrs d’eux et je suis d’humeur particulièrement chantante. Des passages sont signalés dans les pierriers par des kerns, mais au bout d’un certain temps il y a tellement de kerns marqués tout partout que n’importe quel endroit peut être considéré comme le chemin !

Il s’agit du glacier du Pré-de-Bar. Des marques sur de gros rochers indiquent les niveaux atteints suivant les années. Le glacier a reculé de 120m entre 1989 et 1999. De 1999 à 2008 je ne connais pas le chiffre mais ce ne sera pas mieux… Dans ce rapport technique de l’ONERC datant d’octobre 2008, vous trouverez la comparaison photographique entre 1929 et 2007. C’est atterrant.

L’approche finale du glacier est compliquée par la présence de l’eau de fonte qui s’échappe en un joyeux petit torrent. Pour toucher le glacier sans se mouiller les pieds, c’est assez acrobatique ! Mais il faut croire que le talisman du chant protège de l’eau ;-)

AàG remonte encore un peu le long de la langue de glace pour photographier les fissures et cette couleur bleue si fascinante… Pendant ce temps je repars doucement sur mes pas. Ainsi je peux prendre tout mon temps et essayer de ne pas réitérer l’exploit de la cheville foulée l’année dernière.

D’ailleurs, je ne sais pas si c’est d’avoir pensé à la Bretagne mais je me surprends à chanter du Tri Yann, plus précisément la complainte de Yuna Madalen !

Détail de la glace :

Il commence à pleuviner, j’embraie sur Sound of Silence de Simon & Garfunkel. Cette chanson me fait toujours pleurer, alors ça se marie bien avec la pluie. Je croise deux autres touristes qui semblent un peu préoccupés. Je comprendrai pourquoi par la suite : ils ont laissé toutes leurs affaires (sacs, casque de moto…) au début du pierrier, pensant sans doute que personne ne passerait par là.

Le temps se couvre méchamment, j’escalade un rocher pour attendre AàG qui revient en galopant avec, certes, moins de grâce que les chamois mais tout de même, c’était honorable :P

Nous revenons à la voiture par le chemin carrossable, il commence à faire fort sombre. Nous irons manger, après maintes hésitations, à la “Pizzeria du Tunnel” à Courmayeur. Il y a beaucoup de “locaux” (de non-touristes quoi) donc on espère que ce sera correct… Nous n’avons pas été déçus ! C’était bon, copieux et pas cher. Quand AàG a vu la taille de sa pizza (qui prenait presque toute la table), il s’est exclamé que c’était une pizza de géant, ce à quoi le serveur lui a répondu : that’s the small size (je vous rassure, c’était pour plaisanter).

Un petit panoramique (cliquez dessus) : sur place le contraste avec le vert était saisissant, ça donne beaucoup moins bien en photo…

Nous trouvons finalement un logement à Morgex. Une vaste “cave” réaménagée récemment en studio avec un coin salle à manger, un coin chambre à coucher, un coin cuisine équipée, une belle petite salle de bain moderne et un poêle à pellets. Le tout dans le calme absolu d’une ruelle en cul-de-sac au fond d’un village charmant. Avec en plus un logeur très sympathique, bref un vrai coup de chance. Je vous en mettrai une ou deux photos plus tard…

J’ai trouvé un iPod nano 8GB. Son numéro de série est : 5U741ZGLYXX (ce numéro n’est pas référencé dans lostipods.com ni dans ipodcare.com)
La personne qui l’a perdu peut me contacter via ce blog et je le lui enverrai contre frais de port. Une preuve d’appartenance (par exemple connaissance des morceaux se trouvant en mémoire, date et endroit où il a été perdu, etc.) sera exigée.

I found an iPod nano 8GB. The serial number is : 5U741ZGLYXX (this number is not referenced in lostipods.com nor ipodcare.com)
If it’s your iPod, you can contact me through this blog and I will send it to you but you will have to pay for the shipping. You will also have to say me (at least) the date and place where it was lost. Otherwise forget it.

Entendu dans le train ce matin :

Bah qu’est-ce que ça change pour ma femme si je mets mon petit bout ailleurs ? Ca change rien du tout pour elle ! Elle a toujours tout comme avant. C’est pas comme si je rentrais plein ou si je la frappais. (…) Ma femme et mon gosse ils sont heureux.

8 septembre 2008 - La haute vallée de Bionaz-Valpelline

Après un petit-déjeuner toujours aussi plantureux, nous partons aujourd’hui à la découverte de la diga (barrage) de Bionaz. Valpelline est un peu excentrée par rapport aux vallées que nous comptons visiter dans la suite du programme, et son lac de barrage nécessite du beau temps pour que ses couleurs se révèlent. Ca tombe bien, le soleil et le ciel bleu ne nous feront pas défaut !

Les couleurs des photos ne rendent pas vraiment justice à la couleur de l’eau, qui était d’un turquoise pétant.

Au début du barrage Place Moulin se trouve ce que nous avons supposé être l’ancien trop-plein. Les contre-poids ont été démontés. Il reste une monumentale galerie, non-visitable bien sûr.

Des fleurs pour Koridwen :

Le sentier de randonnée qui va jusqu’au refuge de Prarayer longe tout d’abord le lac de barrage.

Dans les zones d’ombre, il y a encore des flaques gelées.

Comme c’est notre premier jour “sportif”, nous avons choisi une rando facile. La température agréable ainsi que les paysages nous rendent ces heures de marche encore plus agréables.

Au fond de la vallée, le lac se rétrécit et laisse place à quelques habitations. C’est également là que se situe le refuge de Prarayer (alt. 2005m) mais nous ne nous y arrêterons pas.

De multiples numéros de sentiers sont indiqués, nous décidons un peu au hasard en essayant d’aller “vers le glacier” même si l’objectif est hors de notre portée.

En remontant la rivière, nous faisons notre première rencontre bovine :

Le fermier et son chien sont en train de déplacer le troupeau. Elles en profitent pour baptiser le pont :)

Un dernier regard vers le lac, avant de continuer à monter…

Il est bientôt midi et il commence à faire très chaud, heureusement nous sommes toujours dans une zone boisée et l’air venant de la rivière reste frais. Nous pique-niquerons sur un gros rocher, à l’ombre d’un (sa?)pin d’âge respectable.

Suivant les balisages jaunes, nous remontons des affluents toujours plus petits. Comme d’habitude, leur eau vive et transparente nous y fait plonger les doigts, et comme d’habitude également, nous les en retirons glacés !

Nous arrivons dans un alpage parcouru de frémissants ruisseaux et bordé de généreux buissons de myrtilles… une pause s’impose :)

Au loin le glacier nous nargue toujours… il ne semble pas beaucoup plus proche !

Au bout de l’alpage, un troupeau de vaches et une petite maison en construction.

Nous redescendons vers le pont de la rivière pour aller voir un arbre qui est renseigné comme ‘remarquable’.

Nous sommes au milieu de l’après-midi et petit à petit nous retournons sur nos pas.

Ci-dessus les eaux grises d’un torrent qui se jettent dans le lac de barrage.

Nous irons ensuite au hameau nommé “Glassier”, dont le nom ne tient pas ses promesses… mais il y a là une très belle cascade. Sur la route de retour, nous prendrons deux autostoppeurs : des randonneurs flamands qui avaient un peu présumé de leur force.

Nous irons manger à Ollomont, dans une pizzeria très familiale où étonnamment on ne nous fera pas payer le couvert. Comme c’était bon et pas cher, ça nous réconcilie avec les restaurants italiens après le fiasco d’Aoste ;-)

Je n’y étais plus retournée depuis le printemps je crois.

Samedi matin, je profite de passer dans le coin pour faire une visite éclair chez le fleuriste. Je choisis toujours la même fleur, une rose, une grande rose unique, à peine éclose, rose pâle ou saumon. Elle a l’air si fragile sous son voile transparent, avec son petit ruban faussement guilleret.

Il y a du monde ce matin, d’habitude je suis seule. Les gens s’activent, ils astiquent, ils fleurissent… on voit que la Toussaint approche. Un monsieur et sa femme, un fichu sur ses cheveux gris-blanc, sont occupés un peu plus loin dans la même rangée.

J’enregistre leur présence avec un brin d’agacement, j’aime la solitude complète en ces lieux. Je leur tourne volontairement le dos, me recueille un instant, dépose la rose et nettoie la surface marbrée de ses pétales fanés. Je sens des yeux dans mon dos.

Quand je me redresse, le regard inquisiteur est toujours là. La mégère n’est manifestement pas gênée d’espionner, aucun respect pour l’intimité des autres. Ca ressemble même à un avertissement. On te surveille, ne va pas faire… on ne sait quoi. Ces jeunes vous savez de nos jours, ils sont dangereux, de vrais vandales.

Cette attitude m’énerve trop, je pars, beaucoup plus rapidement que je ne l’aurais souhaité. A l’entrée du cimetière, en rentrant dans ma voiture, je reste médusée.

Cette vieille bique a remonté la rangée pour voir sur quelle tombe j’avais été et quelle fleur j’avais mise… je la vois même se pencher longuement pour lire le nom et les dates. Je peste tout haut : “Tu ne veux pas piquer les fleurs non plus ?”

J’ai attendu qu’elle parte, on ne sait jamais… ces petites vieilles, c’est dangereux.

Je vous présente la Pleureuse. Ce n’est pas notre chat, mais elle siffle quand même très régulièrement le bol de Mousty… à peu près matin et soir, quoi ;-)

Ses maîtres actuels l’appellent Poussy, et son “vrai” nom serait Julie (nous avons retrouvé ses anciens propriétaires par hasard). Elle est apparue soudainement dans le quartier il y a deux ans, ayant subi malgré elle un déménagement inopiné - les chats sont parfois trop curieux.

Ne vous laissez pas abuser par sa fourrure de lionne, en réalité cette petite demoiselle est toute fluette ! Ca ne se voit pas sur cette photo mais il ne lui reste qu’un tiers de queue…

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